LA CROIX_Edu Sentis, entrepreneur catalan étranglé par le manque de financement - Edu Sentís | One Life. Live it !
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LA CROIX_Edu Sentis, entrepreneur catalan étranglé par le manque de financement

LA CROIX_Edu Sentis, entrepreneur catalan étranglé par le manque de financement

Edu Sentis, 43 ans, a le profil du parfait entrepreneur. Fondateur d’une PME catalane, Edse Inventiva, il invente des bicyclettes. Depuis la création de sa première entreprise à l’âge de 22 ans, il n’arrête pas. Mais aujourd’hui, il est bloqué : il ne peut pas trouver de financement, du fait de l’assèchement du crédit bancaire en Espagne.
À tel point qu’il ne peut pas honorer le résultat d’un concours international que sa PME a gagné au nez et à la barbe de grands groupes pour fournir en bicyclettes publiques le Danemark. À la clé, la commande dès cette année de 3 500 modèles de vélos de son invention : en aluminium, sans chaîne et dotés d’un moteur électrique. Et 7 500 en 2014. De quoi enregistrer un chiffre d’affaires de 5,5 millions d’euros pour une PME qui en avait réalisé 270 000 l’an dernier…

Mais le rêve s’est arrêté là. Car il lui fallait 3 millions d’euros pour pouvoir remplir la commande.
« Moi, je n’ai pas d’argent, pas de fortune personnelle, juste des idées ! Mais cela ne sert à rien, enrage Edu Sentis. J’ai tout essayé : les banques, le capital-risque, les “business angels”, les organismes publics. Personne ne nous a prêté. Tout le monde a peur. »

« Quand j’ai dit à Gobike, le partenaire danois qui nous avait représentés au concours, que je ne pouvais pas produire la moindre bicyclette, ils étaient furieux », poursuit l’entrepreneur.
La seule solution pour Edse Inventiva a été de leur vendre la licence… et c’est finalement en Allemagne que les bicyclettes seront fabriquées.

« Nous avons bien sûr touché de l’argent en vendant la licence. Mais quel gâchis ! Tous nos fournisseurs locaux attendaient la fabrication, s’indigne l’entrepreneur. Il n’y aura aucun bénéfice ici en Espagne : ni emplois, ni TVA, ni impôts ! J’ai même dû licencier trois personnes. Et on s’en sort bien : si nous n’avions pas cédé la licence, je pouvais mettre la clé sous la porte. »

Edu Sentis ne perd pas pour autant le sens de l’ironie : « C’est quand même bizarre, non ? Ici, en Espagne, les banques ne sont jamais au rendez vous. Lorsque tout allait bien, au moment du boom immobilier, elles n’avaient jamais le temps de me recevoir, trop occupées avec leurs hypothèques. Et aujourd’hui, elles n’ont plus d’argent. »

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